- R'Kia RAKOUK qui devait lire en arabe littéraire a souhaité, le jour même, ne plus participer au projet. Après 5 répétitions nous nous sommes rendu compte qu'elle n'avait pas repéré son texte de lecture dans sa langue maternelle. Même si la lecture publique est conviviale, sa préparation est sérieuse. Cette personne s'est retrouvé dans la gène et la honte par rapport à un travail non fait qu'elle devait présenter en public.
 
 
Il est toujours très surprenant de voir, d'entendre les réactions de chacun.
 
Etre valide et accepter de lire avec une personne différente, c'est accepter de respirer le même air, de comprendre l'handicap et de l'accepter avec ses difficultés techniques.La personne différente est un être humain qui, des fois, se trouve dans l'obligation d'accepter les regards, les paroles de gêne, d'indifférence voire d'intolérence.
 
- Cela s'est passé dans une équipe où une lectrice professionnelle algérienne a préféré ne pas se présenter le jour de la lecture. Son excuse employée un jour plus tard : je ne veux pas qu'on me voie avec "ça". Elle a pourtant cotoyé cette personne durant 4 mois. (le "ça" étant la personne en souffrance). Ensuite elle a trouvé qu'un handicapé n'a pas à lire autant qu'elle.
 
 
Dans ce genre de projet le lecteur valide doit aussi avoir des qualités humaines.
 
NOUS SOMMES TOUS DES LECTEURS
 
Le lecteur, afin de partager avec les auditeurs, une oeuvre doit faire preuve d'humilité vis à vis de l'oeuvre, de l'auteur, de l'écriture et des auditeurs.
Entrer dans le domaine de "moi je lis, regardez-moi, je lis..." c'est avant tout être nombriliste et égo centrique.
De nombreux comédiens prétendent que eux-seuls peuvent faire la lecture publique. je connais de nombreux comédien(ne)s lisant très mal et de nombreux amateurs lisant très bien.